7 signes avant un AVC : un seul suffit pour appeler le 15

Un visage qui se déforme, un bras qui faiblit ou des mots qui ne viennent plus soudainement : appelez immédiatement le 15 ou le 112. Un seul de ces signes peut suffire, même s’il disparaît. Les « 7 signes avant un AVC » sont souvent déjà les manifestations d’un accident en cours, et non des avertissements laissant le temps d’attendre.
Les 7 signes à reconnaître dès leur apparition
Un accident vasculaire cérébral, ou AVC, survient lorsqu’un vaisseau du cerveau se bouche ou se rompt. Les symptômes dépendent de la région touchée. Leur point commun est souvent une apparition brutale, avec une perte inhabituelle d’une capacité : parler, voir, bouger ou tenir debout.

Cette liste constitue un repère pratique, pas un test diagnostique. Il ne faut ni réunir les sept signes ni attendre qu’ils s’aggravent pour alerter les secours.
- Une déformation du visage. La bouche devient asymétrique, une commissure tombe ou le sourire paraît inhabituel. Demandez à la personne de sourire : un côté peut moins bouger que l’autre.
- Une faiblesse ou une paralysie d’un côté du corps. Un bras retombe, une main ne tient plus un objet ou une jambe ne porte plus. Si la situation le permet, demandez de lever les deux bras, sans retarder l’appel.
- Un engourdissement soudain. Le visage, le bras ou la jambe perd sa sensibilité, notamment d’un seul côté. Ce changement brutal mérite une alerte même sans douleur ni paralysie complète.
- Un trouble de la parole ou de la compréhension. La personne articule difficilement, emploie des mots inadaptés, ne trouve plus ses mots ou ne comprend plus une phrase simple.
- Un trouble visuel brutal. La vision disparaît d’un œil, une partie du champ visuel manque ou une vision double apparaît soudainement. Il ne faut pas attendre un rendez-vous ophtalmologique.
- Une perte soudaine d’équilibre ou de coordination. La personne ne parvient plus à marcher normalement, dévie ou présente un vertige inhabituel, surtout accompagné d’une vision double ou d’un trouble de la parole.
- Un mal de tête brutal et inhabituellement intense. Une douleur explosive, maximale dès le début, avec ou sans vomissements ou trouble de la conscience, impose un appel immédiat aux secours.
L’AVC peut être indolore. L’absence de mal de tête, de malaise ou de perte de connaissance n’est donc pas rassurante face à un trouble neurologique soudain.
Appeler et protéger : les gestes utiles sans perdre de temps
Donner l’alerte, même dans le doute
En France, composez le 15, numéro du SAMU, ou le 112. Décrivez ce que vous observez et précisez que vous suspectez un AVC. Donnez l’adresse exacte, les conditions d’accès et l’état de conscience de la personne. Le médecin régulateur vous indiquera la conduite à tenir et organisera les secours adaptés.
Notez l’heure des premiers symptômes. Si elle est inconnue, indiquez la dernière heure à laquelle la personne allait normalement. Pour des signes découverts au réveil, précisez notamment quand elle a été vue sans symptôme avant de dormir. Cette information aide l’équipe médicale à décider de la prise en charge.
Attendre les secours sans ajouter de risque
Installez la personne au repos, assise ou allongée selon son état et les consignes du régulateur. Ne la faites pas marcher pour « vérifier ». Si vous êtes vous-même concerné, ne conduisez pas et, si possible, prévenez une personne proche après avoir appelé les secours.
- Ne donnez ni nourriture ni boisson : la déglutition peut être perturbée.
- Ne donnez aucun médicament, notamment pas d’aspirine, sans consigne médicale.
- Préparez les ordonnances et signalez les traitements, particulièrement les anticoagulants.
- Surveillez la respiration et suivez les instructions téléphoniques si l’état change.
Si la personne est inconsciente mais respire normalement, placez-la en position latérale de sécurité selon les consignes reçues. Si elle ne respire pas normalement, signalez-le immédiatement : le régulateur vous guidera pour les gestes de réanimation.
Des symptômes qui passent restent une urgence
L’AIT n’est pas un simple malaise
Un accident ischémique transitoire, ou AIT, correspond à une interruption temporaire de la circulation sanguine dans une région du cerveau. Il peut provoquer les mêmes symptômes qu’un AVC, puis ceux-ci disparaissent. Cette disparition ne permet pas de conclure que le danger est écarté. Un AIT peut annoncer un AVC et nécessite une évaluation urgente.
Une main qui ne répond plus pendant quelques minutes ou une difficulté passagère à parler justifie donc un appel au 15, même si tout semble revenu à la normale. N’attendez pas une récidive et ne reportez pas cette évaluation à une consultation de routine.
Ne pas chercher seul à éliminer les autres causes
Une migraine avec aura, une hypoglycémie ou une crise d’épilepsie peuvent produire certains symptômes proches. Mais la distinction nécessite une évaluation médicale, parfois des examens et une imagerie cérébrale. Un symptôme nouveau, brutal ou différent des épisodes habituels ne doit pas être attribué spontanément au stress ou à la fatigue.
Prendre le pouls peut donner l’impression de vérifier que « tout va bien ». Pourtant, un rythme apparemment régulier n’exclut absolument pas un AVC : la circulation cérébrale peut être compromise alors que le cœur continue de battre normalement. De même, une tension mesurée à domicile ne permet pas d’écarter le diagnostic. Ce qui déclenche l’appel, c’est le changement neurologique soudain, pas le résultat d’un appareil.
Repérer les formes discrètes et prévenir sans fausse sécurité
Le repère VITE aide, mais ne couvre pas tous les AVC
Retenez VITE : Visage paralysé, Impossible de bouger un membre, Trouble de la parole, Extrême urgence. Ce repère facilite la réaction face aux signes classiques. Toutefois, un sourire normal et deux bras qui se lèvent n’excluent pas un AVC si une perte visuelle, une difficulté brutale à marcher ou un autre trouble neurologique apparaît.
Au quotidien, soyez attentif à une rupture nette avec l’état habituel : une personne qui comprend soudain mal une consigne familière, lâche sa tasse ou ne parvient plus à se déplacer normalement. Chez une personne âgée, ne mettez pas automatiquement ce changement sur le compte de l’âge. Chez un adulte jeune, ne l’écartez pas au motif qu’un AVC serait impossible.
Agir sur les risques entre deux situations d’urgence
L’hypertension artérielle, le tabagisme, le diabète, l’excès de cholestérol et certains troubles du rythme cardiaque, notamment la fibrillation atriale, augmentent le risque d’AVC. Le suivi médical, la prise régulière des traitements prescrits, l’arrêt du tabac et une activité physique adaptée participent à la prévention.
Après un AIT ou un AVC, le bilan et les traitements visent notamment à réduire le risque de récidive. Ne modifiez pas seul un traitement parce que les symptômes ont disparu. Et quels que soient l’âge ou les antécédents, gardez la même règle : un signe neurologique soudain suffit à appeler le 15 ou le 112, sans attendre de confirmer soi-même le diagnostic.